
37% des stations françaises valident ce critère
Les travailleurs saisonniers du tourisme seraient 420 000 en France dont 80 000 en Rhône-Alpes, toutefois ces chiffres sont à prendre avec prudence car il existe un déficit d’information statistique, les contrats saisonniers n’étant pas recensés en tant que tels.
Les saisonniers du tourisme cumulent une précarité de l’emploi, des rémunérations et du logement. Leurs droits sont très largement ignorés et les emplois illégaux sont nombreux. Un développement touristique durable passe par une amélioration des conditions de travail et de vie des saisonniers. C’est un passage obligé pour mieux fidéliser les saisonniers et résoudre les problèmes de recrutement. Dans les régions de montagne, la pluriactivité saisonnière est une donnée économique et sociale majeure, qui concerne une proportion importante de la population et détermine ses conditions de vie. Le tourisme contribue à la création d’emplois en France et, s’agissant du tourisme saisonnier, il apporte de surcroît une dynamique déterminante au développement des régions dans lesquels il s’exerce. Pour autant, la situation de l’emploi dans le tourisme saisonnier est loin d’être optimale, et des progrès peuvent être réalisés. De plus, la double saison touristique qui caractérise les massifs montagneux ne fait qu’accentuer les problèmes liés aux emplois saisonniers.
La fréquence des embauches reconduites d’une saison sur l’autre sans certitude pour les salariés, les difficultés rencontrées par certains saisonniers pour accéder à la formation, sont autant d’illustrations d’une situation insatisfaisante. Ainsi, être saisonnier du tourisme se traduit le plus souvent par un emploi instable, des revenus médiocres et une condition sociale dégradée. Les conditions de logement pendant la saison sont insatisfaisantes, le suivi médical, l’accès aux soins, la protection sociale, sont moins bien assurés que pour les autres actifs.
Il a été constaté sur le terrain une forte mobilisation des collectivités locales montagnardes pour recenser les besoins et l'offre de logements. On peut noter aussi la multiplication « d’espace saisonnier » qui ont pour but de faciliter les démarches des travailleurs notamment quant au logement. Les communes, les gestionnaires de remontées mécaniques et les départements contribuent financièrement à cet espace saisonnier.
Les emplois saisonniers en quelques chiffres : En Rhône-Alpes (hors département du Rhône), les saisonniers de l’hôtellerie, des commerces et des téléphériques seraient environ 80 000, saison d’été et d’hiver cumulées. En Savoie, les emplois saisonniers se concentrent dans les zones à dominante touristique. En Haute-Savoie, la saisonnalité semble limitée, et l’activité plus ancrée dans la vie locale. Le nombre de permanents y est plus élevé.
La grande majorité des contrats dans le secteur du tourisme sont à durée déterminée (seuls 11% des salariés du tourisme ont un contrat à durée indéterminée). Parmi ceux qui ont un contrat à durée déterminée, 4 sur 10 bénéficient d’une priorité à la réembauche. Mais ce taux varie selon les branches, puisqu’il est évalué à 95% dans l’hôtellerie et 97% dans la restauration.
La proportion de temps partiel dans les emplois saisonniers est relativement faible dans les téléphériques et remontées mécaniques (15% en été, 11% en hiver, ce qui rend leur situation comparable à la moyenne nationale).
2/3 des saisonniers font plus de 35 heures par semaine et ils sont même 56 % à faire plus de 40 heures. Plus de la moitié des saisonniers effectue des heures supplémentaires. La cadence est importante puisque la moitié des saisonniers ont au maximum un jour de repos par semaine. Ils sont 5 % à travailler 7 jours sur 7, ce qui est illégal.
La journée de travail se finit tard puisque près du tiers des saisonniers travaillent après 22 heures. Seulement un tiers des saisonniers finissent leur journée avant 19 heures. 14 % des saisonniers sortent de leur lieu de travail après minuit. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est de loin le principal employeur avec 70 % des 9 000 offres d’emplois saisonniers en Savoie l’hiver, suivi du secteur des remontées mécaniques. Le travailleur saisonnier étranger à la station peut être confronté à de nombreux problèmes, notamment de logement, de transport, de santé, de formation, d’intégration… mais le logement semble être depuis toujours le fardeau du saisonnier, bien que dans l’hôtellerie 90 % des emplois seraient logés. L’inspection du travail a notamment mis le doigt sur des situations matérielles critiquables : logement à plusieurs, peu équipés et mal situés. Ceci tend à diminuer mais la chambre reste très rare et très chère pour l’arrivant.
Différents dispositifs en faveur des saisonniers
Outre ces problèmes liés au logement, les travailleurs saisonniers ont également un problème de revenus. Bien que beaucoup voient leur contrat de travail renouvelé d’une saison à l’autre, ils ne sont pas tous assurés de retrouver leur emploi l’année suivante.
Il s’agit en effet d’un public dépendant de l’offre d’emploi, sauf pour ceux qui ont une qualification attachée à la vie de la station (techniciens, éducateurs sportifs).
Certains saisonniers, souvent parmi les plus jeunes ont aussi des problèmes d’adaptation.
Les Maisons des saisonniers :
Les maisons des saisonniers sont des lieux d’accueil, d’information et de services. Mises en place pour répondre aux questions des travailleurs saisonniers et les aider face aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer, ce sont aussi des espaces d’échange et de dialogue.
Les services proposés varient d’une station à l’autre mais le plus souvent elles apportent une aide aux saisonniers dans leurs démarches administratives liées à l’emploi, la formation, le droit du travail et la santé. Elles accompagnent également les travailleurs dans leurs recherches de logement et les conseillent en matière de droits sociaux.
Ce sont aussi des lieux d’informations sur les loisirs ou encore les transports de la station.
Dans le cadre d’un dialogue social, les maisons des saisonniers sont co-financées par les collectivités territoriales et/ou l’État.
Les centres de ressources :
Il existe trois centres de ressources et d’informations sur la pluriactivité qui sont destinés aux saisonniers du tourisme .En organisant chaque année des rencontres entre les acteurs du tourisme, ainsi que des forums sur l’emploi ils permettent de faciliter les échanges de bonnes pratiques grâce à la collecte et la diffusion des informations.
Il s’agit de :
Liens
Guide du saisonnier 2012, le guide CFDT
Les initiatives qui existent en station :
Attribution du logo du guide
Pour obtenir le logo, la station doit remplir tous les critères ET, et au moins un des critères OU.
Critères : Une structure d’accueil est active et permet d’accueillir et d’informer les saisonniers : santé, emploi, logement, formation.
Les questions posées :
La question concerne :
Les experts associés : associations de saisonniers, Syndicats (CFDT, CGT), ANMSM et ANEM, professionnels du tourisme.
Sources