
57% des stations françaises valident ce critère
Les espaces protégés alpins en quelques chiffres, dans les Alpes, il y a environ :
Cela représente environ 1000 espaces protégés de plus de 100 ha qui couvrent environ 23 % de la superficie des Alpes (8 pays). Source : ALPARC 2013
En France, les préoccupations environnementales émergent à la même période que le Plan Neige, au début des années 60. C’est l’adoption de la loi du 22 juillet 1960, relative à la création des parcs nationaux, qui a réellement permis de mieux protéger la nature.
Le premier parc national, celui de la Vanoise, voit le jour le 6 juillet 1963. Sur les dix parcs nationaux français actuels, cinq se situent en zone de montagne : la Vanoise (1963), les Pyrénées (1967), les Cévennes (1970), les Ecrins (1973) et le Mercantour (1979).Depuis lors, différents types de protection existent. Il y a des protections globales (parcs nationaux, réserves naturelles, bois et forêts) et des protections intégrées (parcs naturels régionaux). De plus, à l’échelon européen, les zones Natura 2000 assurent également cette protection des espaces.Avec ces outils, il s’agit de concilier la protection de l’environnement et de permettre une certaine exploitation, un accès au milieu naturel.
Pourquoi une protection des espaces à proximité des stations ?
Depuis plusieurs années, les stations de sport d’hiver côtoient des zones dédiées à la protection de la nature. La superposition des stations (vocation économique) et de zones protégées (espaces à vocation de conservation naturaliste) nécessite une concertation et une communication permanente pour permettre la conciliation et les compromis des différents acteurs. L’existence d’un parc national ou d’autres espaces naturels préservés se révèle un atout indéniable pour le tourisme et les stations, notamment pour le développement de la saison estivale et la mise en valeur de la faune et la flore locale. La conciliation des enjeux économiques, sociaux et environnementaux entre stations et zones protégées caractérise les enjeux développement durable en montagne.
Comment assurer la protection des espaces ?
Les Parcs Nationaux
Le développement des stations de ski au début des années soixante a entraîné, parallèlement, une mobilisation des protecteurs de la nature et une prise de conscience des pouvoirs publics quant à la nécessité de préserver des zones vierges de tout équipement. D’où la loi du 22 juillet 1960 relative à la protection de Parcs Nationaux.
L’objectif visé est une protection intégrale des milieux naturels et des paysages. La loi parle de « conservation de la faune, de la flore, du sol, du sous sol, de l’atmosphère, des eaux et en général, du milieu naturel ». Les interventions susceptibles d’en altérer l’aspect, la composition et l’évolution sont interdites. Le classement d'un parc national manifeste donc une volonté de mener une politique exemplaire de protection et de gestion, mais aussi d'éducation à la nature et de transmission aux générations futures d’un patrimoine dont le caractère d'exception est préservé. La loi de réforme du 14 avril 2006, complétée par le décret du 28 juillet 2006, a entraîné un nouveau zonage et une contractualisation dans le but d’intégrer, au mieux, le niveau local. La tendance profonde de cette réforme est de passer de l’idée de norme imposée à celle de charte concertée. Les Parcs Nationaux comprennent aujourd’hui une zone cœur (anciennement zone centrale) qui est la partie fortement protégée, une aire d’adhésion volontaire autour du cœur (anciennement zone périphérique) où un programme économique et culturel peut être mis en œuvre. Cela concerne surtout l’accueil des visiteurs et le développement des activités touristiques. Des réserves intégrales peuvent être créées au sein du parc, avec possibilité d’interdire toute fréquentation, afin de protéger la faune et la flore. La réforme de 2006 a permis que les missions du Parc National soient élargies : désormais, le patrimoine culturel est pris en compte, l’éducation et l’accueil sont affirmés ainsi que la contribution au développement durable.
D’autre part, la gestion locale des parcs nationaux est affirmée puisque les élus locaux et les personnes nommées pour leur compétence locales doivent être majoritaires dans le conseil d’administration. Le président et le bureau voient leur rôle clarifié et renforcé. Un conseil économique, social et culturel est institué aux côtés du conseil scientifique. Les pouvoirs du directeur sont encadrés par le conseil d’administration.
La politique du Parc National en zone cœur est consolidée et clarifiée, sa réglementation est déclinée dans la charte qui peut adapter certaines règles (construction, circulation…) pour les résidents du cœur. Les documents d’orientation et d’aménagement des politiques publiques devront être compatibles avec la charte. Les communes reçoivent une majoration de dotation en fonction de la part de leur territoire dans le cœur.
La France compte dix Parcs nationaux couvrant à peu près 9,5 % du territoire national :
On remarque évidemment que la plupart de ces Parcs se situent en zone de montagne ou de haute montagne. Cela tient essentiellement au fait que c'est là que l'on a trouvé de grands espaces inhabités et à forte biodiversité.
Les Parcs concourent ainsi à la sauvegarde de la diversité biologique dans les territoires qui leur sont confiés tout en mettant ce patrimoine à la disposition du public d'aujourd'hui, mais avec la mission de le transmettre intact aux générations futures et de participer au développement de comportements de respect vis à vis de la nature et de ses équilibres.
Le bilan positif des Parcs Nationaux n’est guère discutable.
Sur le plan de la biodiversité, les espèces animales et végétales sont effectivement protégées et se sont reconstituées. C’est manifeste pour les grands ongulés de montagne tels que chamois, isards et bouquetins, ou les rapaces tels que les aigles, vautours fauves, gypaètes… Même le loup est revenu dans le Mercantour.
Toutefois, le bilan peut être nuancé en raison même du succès des Parcs, où les flux touristiques peuvent constituer un danger pour la nature.
Si, lors de leur mise en place, de fortes résistances se sont fait sentir, ils sont aujourd’hui de mieux en mieux acceptés par les populations locales.
Les Réserves Naturelles
Les Réserves Naturelles ont donné lieu à une première définition en juillet 1957 et la réserve du Luitel en Isère, a vu le jour le 15 mars 1961. C’est la Loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature qui fixe le régime des Réserves Naturelles. Elles peuvent être instituées pour sauvegarder ou reconstituer les populations végétales, animales, ou leurs habitats, ou tout site représentant un intérêt particulier pour l’étude de l’évolution de la vie. Elles s’étendent sur de petits territoires qui ne comprennent que rarement des habitants.
Début 2007, on dénombre en France 290 réserves naturelles qui couvrent plus de 2 868 889 hectares et emploient 700 salariés environ. Celles ci permettent de protéger, gérer et de faire découvrir des milieux naturels exceptionnels et très variés. Elles sont organisées en réseau autour de l’association Réserves Naturelles de France.
La loi dispose que « toute modification ou destruction du milieu sur le territoire de la réserve est interdite, sauf autorisation ministérielle. » Ainsi, en tant que périmètre de protection, la réserve peut intervenir en réponse à l’expansion d’un domaine skiable ou d’un parc de remontées mécaniques.
La création d’une réserve naturelle limite donc les droits des propriétaires et des usagers pour une durée illimitée, au nom de l’intérêt public. Le classement d'un espace en réserve naturelle constitue une servitude et une contrainte réglementaire forte pour tous les acteurs. Mais cela n'exclue pas la possibilité de modifier les lieux ; toutefois, il faut alors suivre une procédure longue et contraignante (Art L332-1 du code de l'Environnement) : avis de trois instances consultatives (comité consultatif de la Réserve, la Commission Départementale des Sites, Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN)) puis décision finale du ministre de l'écologie et du développement durable. Les réserves doivent être portées au POS ou PLU qui doivent être modifiés si certaines de leurs orientations sont incompatibles avec les servitudes de la réserve.
Les Parc Naturels Régionaux (PNR)
Ils ont été créés par décret en 1967 et la Loi Barnier de 1995 précise leurs modalités de gestion. Les collectivités et organismes membres adhèrent à une charte qui constitue un « code de bonne conduite ». Les documents d’urbanisme locaux (POS, PLU, SCOT…) doivent être compatibles à la charte qui doit elle-même se conformer aux servitudes d’utilité publique, aux plans de prévention des risques… Bien souvent définis dans des espaces ruraux fragilisés, les PNR ont pour mission de concilier revitalisation économique et préservation des qualités du milieu. Les objectifs d’un PNR consistent à :
La Loi de 1995 attribue aux PNR de montagne une mission spéciale : ces parcs doivent être des instruments exemplaires au service de la protection des équilibres biologiques et de la préservation des sites et paysages.
Les syndicats mixtes qui gèrent les parcs travaillent en partenariat avec les communes et communautés de communes. Ils conduisent un important travail de connaissance scientifique, de gestion et de valorisation des richesses patrimoniales du territoire.
Les syndicats mixtes des PNR peuvent, par exemple, accompagner et conseiller les communes tout au long de la procédure d’élaboration de leurs documents d’urbanisme, ou encore apporter leur soutien technique et financier aux écoles qui développent des programmes pédagogiques sur la gestion des déchets…
Malgré la complexité de la tâche qui leur incombe, la formule a du succès puisqu’on dénombre 48 PNR français à ce jour. En effet, elle permet la mise en œuvre concertée de projets de développement local adaptés aux territoires considérés. C’est une forme de coopération locale qui fait aussi une grande place aux exigences environnementales.
Les Espaces Naturels Sensibles
Ils ont été créés par la loi du 18 juillet 1985 et modifiés par la loi Barnier de 1995. Désormais, afin de préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels et des champs naturels d’expansion des crues et d’assurer la sauvegarde des habitats naturels, le département est compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d’ouverture au public des espaces naturels sensibles.
Pour cela le département dispose de deux outils principaux.
D’une part, il dispose d’un droit de préemption qu’il peut exercer pour constituer ces espaces naturels. Ce droit permet au département de figurer comme acheteur prioritaire lorsque sont mis en vente des terrains ayant un intérêt écologique fort. Dans la pratique ce mode d’acquisition est très peu utilisé puisque lourd juridiquement et financièrement. Pour acquérir ces terrains, les départements privilégient l’acquisition à l’amiable.
D’autre part, le département dispose d’un outil lui permettant de financer cette politique de conservation des espaces. La loi de 1985 a en effet créée une nouvelle taxe : la taxe départementale sur les espaces naturels sensibles (TDENS). L’assemblée délibérante du département fixe librement le taux de cette taxe qui peut varier de 0 à 2%. L’assiette est établie sur la construction, la reconstruction et l’agrandissement des bâtiments.
La loi de 1985 prévoyait une obligation d’ouverture au public du site créé. Néanmoins, si la fragilité du milieu le justifie, le site peut être fermé au public. Le juge l’a confirmé en se positionnant en faveur d’une protection accrue plutôt que d’une surfréquentation dévastatrice.
Les ENS sont gérés soit par le département directement, soit par une personne publique ou privée via un contrat, soit par une concertation entre les différents acteurs (département, communes, associations de protection de la nature…).
Le Réseau Natura 2000
La constitution du réseau Natura 2000 a pour objectif de maintenir ou rétablir les espèces et les habitats d’intérêt communautaire dans un état de conservation favorable.
Deux directives européennes pour atteindre les objectifs de Natura 2000 : En la matière, les deux textes de l’Union les plus importants sont les directives « Oiseaux » (1979) et « Habitats faune flore » (1992). Elles établissent la base réglementaire du grand réseau écologique européen. Les sites désignés au titre de ces deux directives forment le réseau Natura 2000.
L’ordonnance du 11 avril 2001 a achevé la transposition en droit français des deux directives et donné un véritable cadre juridique à la gestion des sites Natura 2000.
L’état des lieux du réseau français : Le réseau Natura 2000 français couvre plus de 6,5 millions d’hectares, soit près de 12% du territoire national métropolitain. Il comprend 1674 sites et est divisé en quatre régions biogéographiques. Ceci représente au total une population de plus de 14 millions d’habitants vivant dans une commune concernée par Natura 2000. Un quart environ des communes en Natura 2000 sont situées en zone de montagne (piémont, montagne ou haute montagne).
Les sites Natura 2000 sont majoritairement composés de forêts et de milieux naturels et semi naturels non humides. Les terres agricoles représentent le deuxième poste d’occupation du sol le plus important (38%), puis les zones humides et les surfaces en eau (10%).
Enfin, on peut remarquer que les communes situées partiellement ou totalement en Natura 2000 ont la moitié de la capacité d’hébergement touristique en France, alors qu’elles ne représentent qu’un quart des communes françaises.
La guestion des sites : La procédure de gestion des sites est détaillée dans un certain nombre de textes dont les derniers en date sont la Loi DTR du 23 février 2005 et le décret du 26 juillet 2006. Chaque site désigné ouvre la possibilité pour les propriétaires de terrain (collectivités ou propriétaires privé) de conclure un contrat Natura 2000 avec les services de l’Etat en charge du réseau. Les signataires doivent effectuer des travaux de remise en l’état et de conservation sur le terrain, ainsi que respecter les engagements prévus (conservation de telle ou telle espèce, respect de tel ou tel habitat).
Contrairement aux Parcs Nationaux qui sont des outils de protection pure, Natura 2000 est un outil d’aménagement du territoire. Les PNR sont dans le même esprit (conciliation entre activités humaines et protection) mais à petite échelle alors que Natura 2000 est un réseau étendu, englobant des sites déjà protégés et ceux qui ne le sont pas encore.
Les zones humides
Les zones humides sont des espaces de transition entre la terre et l’eau. La loi sur l’eau du 3 janvier 1992, qui vise à assurer leur préservation, en a donné une définition : « On entend par zone humide les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». Cette définition juridique recouvre : lacs, étangs, lagunes, estuaires, marais, mangroves, prairies inondables, tourbières, …
Elles ont un pouvoir d’épuration important, filtrant les pollutions, réduisant l’érosion, contribuant au renouvellement des nappes phréatiques, stockant naturellement le carbone, protégeant des crues et des sécheresses. Pour autant, ces espaces sont souvent considérés comme des terrains improductifs et sans intérêt car les services qu’ils rendent sont souvent méconnus.
Depuis le début du XXe siècle, on a assisté à la disparition de 67% de leur surface sous la conjonction de trois facteurs : l’intensification des pratiques agricoles, des aménagements hydrauliques inadaptés et la pression de l’urbanisation et des infrastructures de transport.
Les deux grandes catégories de zones humides :
On classe généralement en deux catégories les zones humides : celles d’eau salée et celle d’eau douce. Les zones humides d’eau salée, aussi appelées zones humides marines et côtières comprennent : les zones d’estuaires et de vasières sur le littoral de la Manche et de l’Atlantique soumises aux marées, les prés salés, les mangroves (Guyane et Martinique), les marais et lagunes côtiers principalement situés sur la côte méditerranéenne, le delta du Rhône (Camargue), les marais agricoles aménagés et les marais saumâtres aménagés. Ensuite, les zones humides d’eau douce (ou continentales) comprennent : les zones humides alluviales, les régions d’étangs, les bordures de lacs, les prairies humides, les tourbières (principalement dans le Jura, les Vosges, les Alpes, les Pyrénées, le massif Central, les Monts d’Arrée, le Morvan et les Ardennes), les zones humides artificielles de création récente et les mares permanentes et temporaires.
Les trois fonctions remplies par les zones humides :
Les services rendus par les zones humides :
Un petit point sur la convention de Ramsar :
La convention de Ramsar sur les zones humides est un traité intergouvernemental adopté le 2 février 1971 à Ramsar en Iran. La convention est entrée en vigueur en 1975. Elle regroupe aujourd’hui 167 pays. Le texte adopte une définition beaucoup plus large que la définition française puisqu’elle retient : les marais et marécages, les lacs et cours d’eau, prairies humides et tourbières, les oasis, estuaires, deltas et étendues à marée, zones proches du rivage, mangroves et récifs coralliens, ainsi que les sites artificiels tels que les bassins de pisciculture, les rizières, les réservoirs et les marais salants.
La désignation de sites au titre de la Convention de Ramsar constitue un label international qui récompense et valorise les actions de gestion durable de ces zones et encourage ceux qui les mettent en œuvre. A ce jour près de 2122 sites sont répertoriés pour une superficie de plus de 205 millions d’hectares.
Les zones humides et les sports d’hiver :
Les massifs montagneux possèdent tous des tourbières. Afin de les préserver, quelques précautions s’imposent.
Les infrastructures (parkings, routes, remontées mécaniques…) ne doivent pas être créées en zones humides, ni même à proximité (surtout en amont). Le drainage ou le remblaiement, même partiel, d’une tourbière peuvent modifier durablement son fonctionnement, et parfois la dégrader de façon irréversible.
Les tracés des pistes doivent également tenir compte de ces milieux fragiles. Les secteurs humides ne sont pas propices à l’obtention d’une belle neige : les tentatives d’ « assainissement » par drainage ou remblai sont destructrices et inefficaces. Les sols gorgés d’eau offrent une faible portance aux engins qui risquent de s’enliser, d’arracher la végétation de surface et de tasser les sols.
Il faut donc strictement limiter la circulation d’engins aux seuls travaux éventuellement nécessaires à la gestion des tourbières.
Les éventuelles retenues collinaires doivent être créées en-dehors des zones humides : l’ennoiement les détruit. La neige de culture raccourcit localement la période de végétation et modifie le régime hydrique. Les impacts paysagers sont potentiellement importants, de même que les nuisances sonores.
L’impact des retenues, mais aussi des routes, fossés et autres terrassements à l’amont des sites doit être évalué et le cas échéant réduit et compensé, par exemple par des systèmes de canalisation maintenant l’alimentation en eau.
De même le lessivage des sols minéraux déstabilisés (à la suite de travaux de terrassement) peut entraîner un colmatage néfaste à certaines espèces. Il a été montré que le sel de déneigement se retrouve en quantités importantes dans les zones humides, et modifie sensiblement les écosystèmes. Attention également si vous utilisez des engrais pour revégétaliser des pistes : s’ils sont entraînés dans des milieux pauvres, ils modifieront la flore spécifique qui s’y développe.
Autres dispositifs juridiques pour la protection de l’environnement
Les ZNIEFF
(Zones naturelles d’intérêt écologique floristique et faunistique) : Ces zones concernent l'ensemble du territoire national, terrestre, fluvial et marin particulièrement intéressant sur le plan écologique, notamment en raison de l'équilibre ou de la richesse des écosystèmes et de la présence d'espèces végétales ou animales rares et menacées.
L’objectif des ZNIEFF est, notamment, de mieux connaître le patrimoine naturel grâce à l'inventaire cartographié des richesses écologiques, faunistiques et floristiques du territoire national.
Il s’agit aussi d’avoir une base de connaissances associée à un zonage accessible à tous dans l'optique d'améliorer la prise en compte des espaces naturels avant tout projet, de permettre une meilleure détermination de l'incidence des aménagements sur ces milieux et d'identifier les nécessités de protection de certains espaces fragiles.
On distingue deux types de ZNIEFF :
Les ZNIEFF de type I peuvent être incluses dans les ZNIEFF de type II.
L'inventaire ZNIEFF indique la présence, sur certains espaces, d'un intérêt écologique requérant une attention et des études plus approfondies. Les ZNIEFF peuvent constituer une preuve de la richesse écologique des espaces naturels et de l'opportunité de les protéger.
L'inventaire n'a pas, en lui-même, de valeur juridique directe et ne constitue pas un instrument de protection réglementaire des espaces naturels.
Il est destiné à éclairer des décisions émanant de personnalités juridiques diverses et tout particulièrement la politique du ministère chargé de l'environnement. Ainsi, les ZNIEFF font partie des informations que le préfet doit porter à la connaissance des communes ou de leurs groupements lors de l'établissement des documents d'urbanisme. De même, elles peuvent aider à l'identification sur le terrain des espaces remarquables visés par la loi Montagne.
Si la jurisprudence considère que l'existence d'une ZNIEFF n'est pas de nature à interdire tout aménagement, le juge administratif a sanctionnée à plusieurs reprises la non prise en compte dans les décisions d'urbanisme du caractère remarquable d'un espace naturel attesté par son inscription à l'inventaire ZNIEFF.
A l'issue de l'inventaire ZNIEFF de première génération, on a recensé 14 836 ZNIEFF pour une surface totale de près de 13,8 millions d'hectares (environ 25% du territoire), dont 12 915 zones de type I (4,5 millions d'hectares) et 1 921 zones de type II (11,9 millions d'hectares).
Plus de 400 000 données d'espèces végétales et animales ont été centralisées.
Les arrêtés de protection de biotope
Ils ont principalement pour objectif de prévenir la disparition des espèces protégées (espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées) par la fixation de mesures de conservation des biotopes* nécessaires à leur alimentation, à leur reproduction, à leur repos ou à leur survie.
Ces biotopes peuvent être constitués par des mares, des marécages, des marais, des haies, des bosquets, des landes, des dunes, des pelouses ou par toutes autres formations naturelles peu exploitées par l'homme.
Un arrêté de protection de biotope peut également avoir pour objet l'interdiction de toute action portant atteinte de manière indirecte à l'équilibre biologique des milieux telle que l'écobuage, le brûlage, le broyage des végétaux, la destruction des talus et des haies, l'épandage de produits antiparasitaires.
* Le terme biotope doit être entendu au sens large de support physico-chimique de l’écosystème, de milieu indispensable à l’existence des espèces de la faune et de la flore. Il peut se définir comme une aire géographique bien délimitée, caractérisée par des conditions particulières (géologique, édaphique - désigne ce qui se rapporte aux sols -, hydrologiques climatiques, sonores
D’une manière générale, l’arrêté peut soumettre certaines activités à autorisation ; il peut également en interdire d’autres (dépôt d’ordures, réalisation de constructions, extraction de matériaux, etc.). En tout état de cause, les mesures prises doivent viser le milieu naturel lui-même et non les espèces faunistiques ou floristiques qui y vivent.
Le préfet peut interdire, dans les mêmes conditions, les actions pouvant porter atteinte d'une manière indistincte à l'équilibre biologique des milieux et notamment l'écobuage, le brûlage des chaumes, le brûlage ou le broyage des végétaux sur pied, la destruction des talus et des haies, l'épandage de produits antiparasitaires (article R 411-17 code de l’environnement).
Les arrêtés de protection de biotope ne sont pas des servitudes d’utilité publique affectant l’utilisation des sols qui doivent figurer en annexe des plans locaux d’urbanisme. En conséquence, le Tribunal administratif de Strasbourg a pu déclarer irrecevable le recours dirigé à l’encontre d’un permis de construire accordé sur un site naturel faisant l’objet d’un arrêté de protection de biotope.
Par exemple, les biotopes dits «Crête des Leissières » de l'Iseran ont été créés le 12 mai 2000 en Savoie pour préserver la flore montagnarde.
Les Forêts de protection
Elles visent à assurer la conservation des forêts reconnues nécessaires au maintien des terres sur les montagnes et sur les pentes, à la défense contre les avalanches, les érosions et les envahissements des eaux et des sables. Il s'applique alors un régime forestier spécial particulièrement protecteur des milieux concernés qui intéresse à la fois l'aménagement, l'exercice du pâturage et des droits d'usage, le régime des exploitations, les fouilles et extractions de matériaux. Le classement en « forêt de protection » est reporté sur le document d’urbanisme de la collectivité publique concernée. Tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la protection des boisements est interdit.
Ainsi aucun défrichement, aucune fouille, aucun exhaussement du sol ou dépôt ne peut être réalisé dans une forêt de protection. La seule exception concerne les équipements indispensables à la protection des forêts sous réserve d'une notification préalable au directeur départemental de l'agriculture.
L'exercice du pâturage n'est toléré que dans les parties déclarées défensables. La fréquentation par le public de toute forêt de protection peut être réglementée ou même interdite s'il s'avère nécessaire d'assurer ainsi la pérennité de l'état boisé. La circulation de véhicules motorisés est interdite, à l'exception de ceux utilisés pour la gestion, l'exploitation et la défense de la forêt contre les incendies. Le stationnement de caravanes, ainsi que le camping sont interdits à l'extérieur des voies et des aires prévues à cet effet et signalées au public. La superficie classée en forêt de protection représente actuellement environ 115.000 hectares répartis dans 29 départements et localisés dans des zones de montagne, littorales, périurbaines…
Liens
Attribution du logo du guide
Pour obtenir le logo, la station doit remplir tous les critères ET, et au moins un des critères OU.
Critères: un espace protégé est présent sur le territoire de la commune et il est mis en valeur par des informations.
Les questions posées :
La question concerne :
Les experts associés : Référents des parcs nationaux et régionaux, associations, CIPRA, Réseau ALPARC
Sources