Depuis sa création jusqu'à sa fin de vie, notre matériel a un impact sur l’environnement. Pour mesurer cet impact et pouvoir comparer des produits, les scientifiques et les industriels utilisent l’analyse de cycle de vie (ACV). Le but de l'ACV est d’identifier les impacts du produit sur chacune des étapes de son cycle de vie (production transport, utilisation ou retraitement) pour réduire la pression d’un produit sur les ressources et l’environnement, de l’extraction des matières premières jusqu'à son traitement en fin de vie.

Des impacts environnementaux ont lieu sur :
La biodiversité : agriculture, forages, carrières, mine
Les sols : extraction des matières premières, fuite de polluants, stockage des déchets
L’eau : pollutions par les produits chimiques, les usines, les lavages
L’air : pollutions par les fumées des procédés industriels
Le climat : émissions des gaz à effet de serre, agriculture, transport
Selon les marques ou le matériel choisi les impacts peuvent être différents ! Pour réduire ces impacts sur la planète appliquons
la règle des 3 R :
Réparons, Réutilisons, Recyclons
Des gestes simples :
- Choisir du matériel eco responsable
- Entretenir convenablement son matériel
- Louer plutôt qu’acheter
- Privilégier les circuits d’occasion
- Recycler le matériel usagé
Il était une fois un T-shirt
Il n’existe aucun produit 'Zéro Impact'. Pour réduire cet impact, on utilisera différents outils comme l’ACV (Analyse de Cycle de Vie) et l’éco conception.
De l’ACV à la GCV
L’éco conception est une démarche qui se caractérise par la prise en compte de l’environnement dès la phase de conception du produit. L’objectif de cette démarche est d’améliorer les qualités écologiques du produit, c’est à dire de réduire ses impacts négatifs sur l’environnement tout au long de son cycle de vie, tout en conservant ses qualités d’usage. L’analyse de cycle de vie (ACV) permettra de quantifier ces impacts.
A long terme cette réflexion sera intégrée dans une démarche encore plus globale de Gestion de Cycle de Vie (GCV) afin d’éviter les transferts d’impact d’une étape à une autre.
Eco conception d’un T-shirt
Le choix de la matière dépendra:
- des différents impacts environnementaux
- de l’importance relative que l’on donne à ces impacts
- des caractéristiques que l’on souhaite lui donner : type utilisation, durée de vie, recyclabilité
Impacts environnementaux identifiés:
- émissions de CO2
- énergie utilisée
- Quantité matières premières utilisées : pétrole, coton, etc
- quantités de produits chimiques consommés
- quantité d’eau utilisée
Impacts environnementaux retenus pour l’analyse :
- émissions de CO2
- énergie utilisée
- quantité d’eau utilisée
Quelle unité fonctionnelle ?
La fonction principale d’un T-shirt est de permettre la pratique du sport de façon confortable et d’évacuer la transpiration. L’unité fonctionnelle choisie pour l’ACV se définit de la manière suivante : Le T-shirt doit résister à 100 utilisations pendant 2 ans
Alors Coton ou Polyester ?
Pour répondre à cette question il faudra
quantifier l’impact des eux types de T-shirts (coton ou polyester) tout au long du cycle de vie
Analyse de Cycle de Vie ?
Depuis sa création jusqu'à sa fin de vie, notre matériel a un impact sur l’environnement. Pour mesurer cet impact et pouvoir comparer des produits, les scientifiques et les industriels utilisent l’analyse de cycle de vie (ACV). Le but de l’ACV est d’identifier les impacts du produit sur chacune des étapes de son cycle de vie (production transport, utilisation ou retraitement) pour réduire la pression d’un produit sur les ressources et l’environnement, de l’extraction des matières premières jusqu'à son traitement en fin de vie. Exemple pour un blouson de ski
Choix des Matières premières
Faire pousser et récolter un kilo de coton nécessite :
- des produits chimiques (défoliant, herbicide, engrais, pesticides)
- de l’eau en quantité
- du gazoil pour des machines agricoles
De l’énergie et du pétrole sont utilisés pour fabriquer les produits chimiques dont les résidus se retrouvent dans le sol et l’eau et posent des problèmes de salubrité. La culture du coton représente
2,5% de la surface agricole mondiale, mais consomme
25% des pesticides vendus dans le monde (Source : OMS)
Par exemple la culture intensive du coton par irrigation a perturbé de manière irréversible l’écosystème de
La Mer d'Aral : son niveau a diminué de moitié, désormais,
son eau est trop polluée et trop salée pour accueillir une vie aquatique et les terres environnantes ne sont plus cultivables. (Source : UNESCO).

Produire un kilo de polyester nécessite :
- du pétrole
- de l’énergie
- de l’eau
Le pétrole brut est raffiné, il passe par plusieurs étape et réactions chimiques pour produire le polyester qui est lui même transformé en fil de polyester après plusieurs traitements. Il faut environ 1,5 kg de pétrole pour fabriquer 1kg de Polyester.
C'est la fibre synthétique la plus produite dans le monde, le Polyester représente 70% des fibres synthétiques utilisées dans le vêtement.

Consommations et émissions pour la production d’1kg de coton ou de polyester
Production
Lors de la confection d’un T-shirt, depuis la fibre (coton ou polyester) originelle jusqu’à l’entrepôt en France, on a besoin :
- d’énergie pour le tissage, la découpe et la couture
- d’énergie pour le transport
Ces opérations produisent également des déchets, 170 grammes
soit plus que le poids final du T-shirt

Dans un contexte de mondialisation des échanges, la course au produit le moins cher engendre souvent une dégradation des conditions sociales et environnementales de production (conditions de travail, salaires, toxicité des produits pour les employés et pour le consommateur final ou rejets polluants).
La mise en place de labels éthiques et environnementaux fera la différence entre 2 T-shirts de prix équivalent. Ces labels garantissent que ceux et celles qui les confectionnent, travaillent dans des conditions acceptables et que les produits et procédés utilisés ont un impact limité sur l’environnement.

Consommations et émissions pour la confection et le transport d’un T-shirt en Coton ou en Polyester
La Vente
Dans la phase de vente on peut distinguer 2 étapes :
- le transport du lieu de production au lieu de vente
- la vente en elle même
Au départ du lieu de production chaque T-shirt est emballé dans un polybag (sac de protection en plastique) emballé dans un carton avec d’autres T-shirts avant sa mise en conteneur pour arriver à l’entrepôt, d’où il repartira pour atteindre le lieu de vente. Pendant cette étape notre T-shirt aura emprunté plusieurs modes de transport qui ont des impacts très différents :
Camion :
Ferroviaire :
Maritime :
Aérien :
127 à 451 g CO2 par tonne/kilomètre
41 à 102 g CO2 par tonne/kilomètre
Maritime : 30 à 40 g CO2 par tonne/kilomètre
Aérien : 1160 à 2150 g CO2 par tonne/kilomètre

Lors de l’arrivée dans notre magasin de sport préféré, les cartons et polybags disparaitront pour laisser place à des T-shirts disponibles dans les rayonnages. Un magasin où en moyenne 65% de l’énergie consommée est utilisée pour le chauffage et la climatisation, 30% pour l’éclairage et 5% pour les caisses, ordinateurs et autres appareils.

Consommations et émissions pour l’emballage d’un T-shirt en coton ou polyester
Utilisation
Contrairement aux idées reçues, l’utilisation, est bien l’étape qui a l’impact le plus important. Les opérations d’entretien : lavage, séchage et repassage consomment des quantités importantes d’eau et d’énergie qui plombent l’écobilan.

Pour un T-shirt lavé, séché en machine et repassé une centaine de fois, on utilise :
- entre 12,2 kWh et 65,3 kWh si on utilise un sèche linge
- entre 637 et 720 litres d’eau

Consommations et émissions pour l’entretien d’un T-shirt en coton ou polyester
Fin de vie
Notre T-shirt arrive en bout de course, ou vous avez tout simplement envie d’en changer.
Aujourd’hui il existe 4 options principales, le T-shirt est :
- jeté, il part dans une ISDND (Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux), autrement dit une décharge. On ne récupère ni matière première, ni énergie.
- incinéré, il part vers une usine d’incinération ou il est valorisé. On en retire de l’énergie mais la matière première est perdue.
- recyclé, il finira en chiffon industriel ou en matériau d’isolation
- donné à une association caritative, il aura une deuxième vie dans une friperie, un marché d’occasion

D’après une ACV du travail de l’Armée du Salut au Royaume-Uni, la réutilisation d’une tonne de vêtements en polyester utilise 1,8 % de l’énergie nécessaire à la production de ces mêmes vêtements à partir de fibre vierge, pour le coton ce chiffre est de 2,6%. En confiant nos vieux vêtements à des associations caritatives, nous permettons à ceux qui en ont le plus besoin de s’habiller à moindre coût et réduisons du même coup notre empreinte écologique.
Conclusion
la matière première considérée comme la plus naturelle est en fait celle qui à l’impact environnemental le plus élevé si l’on ne prend en compte que ces 3 indicateurs. Le résultat sera différent si nous choisissons d’autres indicateurs...
Le choix de la matière première dépendra donc avant tout de l’utilisation prévue pour le produit, de la durabilité, la recyclabilité et la qualité écologique que l’on souhaite intégrer au produit.

Bilan de toutes les étapes du cycle de vie du T-shirt